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14 mars, 2010

Nasca - Lima (bus) Derniers jours!

Et voilà, notre voyage à vélo s'est terminé 50km après Nasca. Nous ne voulions pas rouler sur la Panamericaine pour plusieurs raisons:

  • trop de bus et camions, ce qui rend la route stressante malgré les bas côtés (en mauvais état);
  • la chaleur:35°C à l'ombre et de l'ombre il n'y en a pas sur la route
  • le paysage est constitué de déserts de sable, de pierres sur des centaines de kilomètres et cela rend le parcours monotone bien que nous aimons le désert

    Pour notre dernier jour à vélo, nous nous sommes levés très tôt (5h) pour éviter la chaleur et ainsi voir les lignes de Nasca situées à 30km de là. Sur la route, les péruviens ont construit un mirador pour admirer trois figures des lignes: la main, l'arbre et le lézard (quant à lui presque effacé)

    A Palpa on a pris le bus pour Ica. Nous nous sommes fait aider par un gars. En effet, pas facile de prendre un bus au vol avec des vélos. Les chauffeurs sont pressés et pas très aidants. Notre "aide" a fait le forcing en prenant un des vélos et en ouvrant la soute du bus. Sans lui, nous aurions pu attendre une éternité avant d'être pris. En tout cas, nous l'avons généreusement récompensé. A Ica nous avons pris un autre bus (terminus) pour Pisco. Didier avait envie de rejoindre la mer à vélo mais je ne voulais plus rouler. On aurait mieux fait pourtant car, que ce soit dans le bus ou à la sortie de celui-ci, le résultat est le même, on s'est fait voler notre appareil photo, le GPS et notre argent! Pourtant nous sommes toujours prudents. Je crois que le passager assis derrière mon siège à pris notre "sac à main" par dessous mon siège. Heureusement que nous téléchargions régulièrement les photos sur notre ordinateur, seules celles des trois derniers jours sont perdues.

    En plus de s'être fait voler dans un bus où nous n'aurions jamais dû être, Pisco ne ressemble plus à rien car la ville a été rasée par un tremblement de terre...Quand à la plage, c'est poubelle land...Bel endroit pour se relaxer!Bref, on enrage.

    A Pisco, nous nous sommes fait encore aider par un autre gars pour prendre le bus pour Lima. Lui aussi a fait le forcing. Le chauffeur ne voulait pas ouvrir une soute vide. Sur tout le trajet en bus, ce ne fut que désert. Etonnant; je n'avais aucune idée que Lima était entouré par un désert.

    Nous avions une semaine à "perdre" à Lima que nous avons découpé en deux parties. Les deux premiers jours (vendredi et samedi), nous avons logé au centre ville à l'hostal España hautement recommandé. C'est un bâtiment colonial regorgeant de tableaux et de sculptures. De notre chambre (minuscule), on a un vue sur les toits de Lima. Pas mal et pas cher. Deux jours s'est assez pour visiter le centre-ville et ses bâtiments coloniaux. Les restos sont deux fois plus chers que ce dont nous avions l'habitude et je suis déçue par leur manque de charme. Cusco est mieux.

    Samedi soir, je me suis coincé un nerf à l'épaule, j'ai très mal mais ça ne m' empêche pas de prendre la route pour Miraflores. C'était assez facile car on est dimanche et en plus il y avait une piste cyclable sur une bonne partie du trajet. En arrivant au bout de cette piste, on est tombé sur un groupe de cyclistes qui se préparaient à partir en balade. On s'est plié de bonne grâce à la séance photo et aux questions de certains.

    Après avoir fait le tour des hôtels, on a choisi le Friend House, un petit hôtel de quelques chambres où l'on pourra enfin cuisiner...C'est la guest house des Peace Corps (volontaires américains qui partent en mission pour deux ans). C'est dommage qu'il n'y ai pas d'autres touristes avec qui partager nos souvenirs.

    Miraflores, c'est un autre monde; beaucoup plus de ''blancs'' et des gens plus aisés. On ne se fait plus accoster dans la rue à tout bout de champ par des mendiants, des vendeurs ou des rabatteurs. En fait on se croirait presque en Europe. On est également à quelques mètres des falaises qui surplombent la plage. Sur toute la longueur de ces falaises il y a un parc, très étroit mais ça a l'air vraiment très sympathique.

    Nous profitons des derniers jours pour aller courir et nager. La température de l'eau est excellente avec de très belles vagues. C'est l'occasion de prendre une leçon de surf. Le hic? Didier et moi sommes des éclopés: j'ai toujours mal à l'épaule et Didier a mal au genou après deux fois courir. On ne trouve pas de boîtes pour nos vélos, il faut dire qu'il n'y a que deux magasins de vélo à Miraflores. Dans l'un d'eux il y avait bien une boîte, sale et trouée, que cet ''honnête'' commerçant a essayé de nous vendre... Nous avons finalement trouvé des boîtes pour frigo sur un amas de détritus d'un chantier. On a commencé par nettoyer les cartons ...Ensuite, jeu de pliage et découpes pour en faire de belles boites vélo. Pour le dernier jour, faire nos sacs, un dernier repas dans un restaurant populaire, quelques pas dans le quartier pour aller voir la mer et nous voilà dans le taxi. On n'a même pas dû négocier le prix; notre hôte a appelé un taxi honnête qui n'a même pas demandé un prix plus élevé pour nos vélos. Du coup, on a été généreux en lui laissant 5 soles de pourboire (sur une course de 35 soles...) L'enregistrement s'est passé sans problèmes également, le prix de 80€ par vélo était presque juste, on nous a juste ajouté les taxes... Par contre, nous avons décidé de mangé quelque chose une fois dans la zone d'embarquement. Double erreur; il n'y avait qu'un resto et un snack (alors qu'il y avait plus de choix dans la zone publique) et les prix étaient apparemment légèrement plus chers qu'en ville. Légèrement? Seulement à première vue, en fait ils étaient en dollars! Le prix d'une bouteille d'eau en ville: 1 sol (25cent), à l'aéroport: 5 dollars(4€)!!! Conclusion, on a dépensé nos derniers soles en cookies et dans une bouteille de Pisco...
  • 04 mars, 2010

    Cusco à Nasca - 666km

    Cette partie du voyage s'avère la plus difficile mais aussi la plus belle. IL nous aura fallu 9 jours pour arriver à Nasca en passant chaque jour des cols. Chaque jour, je me disais que le lendemain je prendrai un camion pour arriver à l'étape suivant et ce ne fut jamais le cas. Au final, nous avons été récompensés par une descente de 90km dans un paysage aride.

    Dimanche 21 février Cuzco Ensoleillé et chaud, nuageux et froid puis pluvieux. Tout ça dans la même journée... Nous avons discuté longuement avec le propriétaire d'un magasin-musée de textiles situé sur la Plaza de Armas, il vend à de vrais amateurs ou collectionneur mais c'est fait un plaisir de nous expliquer comment faire le tri entre le vrai et le faux dans les échoppes. Il nous a également expliqué pourquoi les problèmes d'inondations et de glissements de terrains étaient prévisibles. Une visite instructive et intéressante. Promenade dans la ville et découverte du marché central, l'un des plus intéressant qu'on ait vu; fruits, légumes, viandes, fromages, épicerie, textile et une allée dédiée aux abats. Cette allée vaut le déplacement à elle seule (âmes sensibles s'abstenir...): museaux de boeufs et moutons, testicules de boeufs, tripes, langues, oreilles, etc, rien ne se perd ici! Et bien sûr, plein de petits stands où l'on mange pour trois fois rien et on ne s'en est pas privé. A propos de repas, nous avons déniché le pire restaurant (au niveau cadre) de notre vie; une pièce de trois mètres sur quatre, deux tables, le sol recouvert de paille. Le reste de l'immeuble s'est effondré, plus de toit, juste un auvent de paille, un trou béant dans le sol et une gamine qui racle l'eau (il pleuvait des cordes)pour l'empêcher de pénétrer dans le ''resto''...Étonnamment, on y a bien mangé et les deux couples de français que nous y avons emmené ont apprécié. Je n'ose quand même pas imaginer l'état de la cuisine...

    Lundi 22 février Cuzco Frais, Nuageux avec averses. On s'est décidé à acheter un poncho pour les longues soirées d'hiver d'Angel. C'était sois-disant de la laine d'alpaga (ça ressemble à un lama) et on avait réussi à avoir un bon prix. Arrivés à l'hôtel, pour lever le léger doute que nous avions, nous avons fait le test du briquet (la laine brulée s'effrite tandis que le synthétique durcit) et le poncho était en fibres synthétiques...Direction l'échoppe avec notre briquet. Là ils nous soutenaient que c'était normal jusqu'à ce qu'on mentionne notre visite chez le spécialiste du magasin-musée. On a été remboursé immédiatement...

    Mardi 23 février 80km Limatambo Alt: 2615m 10° Nuageux et pluvieux. C'est parti pour les montagnes russes! Départ à 3440m, on monte à 3660m pour sortir de Cuzco, on descend de 200m pour remonter à 3755m. Là ça accélère; on s'est arrêté à Limatambo après 27km de descente ininterrompue (pas le moindre coup de pédale) et demain ça continuera... On a eu du vent de face et de la pluie. La météo nous en voulait aujourd'hui...On est resté deux heures sous un petit auvent en attendant que ça passe car malgré tout ce qu'on a enduré en Patagonie, la flotte, on a perdu l'habitude (et l'envie) de rouler dessous. Tout au long des 27 derniers kilomètres, nous sommes passés par: au dessus des nuages, dans les nuages et sous les nuages. Voir ces masses blanches perdues entre ces montagnes, quel spectacle! On pensait camper mais vu l'état du ciel (et le prix dérisoire des hôtels dans les petits villages,15sol la chambre), on a joué la sûreté. On a quand même fait notre popote dans la chambre; camping de luxe pour fêter notre cinq millième kilomètre qui coïncide avec notre étape.

    Mercredi 24 février 57km 12km après Curahuasi Alt: 3017m 30° ensoleillé puis 26°nuageux, pluie le soir. Quelle nuit! Malade comme un chien, j'ai passé ma nuit entre la chambre et les toilettes. On a hésité à reprendre la route mais comme je me voyais mal rester un jour entier à Limatambo, on a pris le risque. Ce fut dur une bonne partie de la journée mais en fin de journée, une fois mes forces revenues, j'ai pu aider Angélique pour les 15 derniers kilomètres ( à l'aide de notre super laisse). 18km, c'est la descente de ce matin, seulement freinés par les travaux de remise en état de la route dont certaines parties ont été emportées par les eaux. Ajoutés à celle d'hier, ça nous fait une descente totale de 45km! Bon, évidemment, ce sont des plaisirs qui se paient. En bas nous étions à l'altitude de 1892m et ce soir, on dort à plus de 3000m...La journée fût looongue. Et c'est pas fini, demain on doit encore monter de 1000m... On avait monté la tente dans un pré à côté de l'église d'un petit village. Une brave dame estimant que ce n'était pas sûr (deux voyageurs se seraient fait voler leurs vélos dans les mêmes conditions l'an passé) nous a ouvert la porte d'une petite maison en terre séchée pour qu'on y passe la nuit. Elle a bien fait, il s'est évidemment mis à pleuvoir. Il fait plus chaud par ici et les mouchettes ont fait leur apparition; le problème est qu'elles piquent...

    Jeudi 25 février 59km Abancay Alt: 2459m Ensoleillé et chaud puis nuageux et l'averse habituelle vers 16h... 4002m, on l'a fait! On a terminé les 22 derniers kilomètres de cette foutue ascension. On vient de grimper de 2210m en deux jours et en 55km!!! La grimpette d'aujourd'hui nous aura pris trois heures et quart, la descente de 37km par contre, seulement une heure. Et quelle descente! Nous voici à Abancay, ville sans charme où nous avons déniché un petit hôtel pas cher (Gran Hotel)(5€) histoire de prendre une bonne douche et dormir dans un bon lit avant de nous lancer sur la route de Nazca; 480km sans beaucoup de villages où nous ravitailler.

    Vendredi 26 février 88km Puente Huayquipa Alt: 2448m 25° ensoleillé puis pluie à partir de 16h. 14 kilomètres ce matin, 37 kilomètres hier: au total 51km de descente ininterrompue! Record battu! On est descendu jusque 1780m, on est alors entré dans une vallée encaissée sur une route vallonnée et on monte petit à petit. La route est très agréable et facile malgré le soleil qui tape dur et cette chaleur moite. Les pluies des derniers jours ont encore fait des dégâts et des ouvriers nous ont fait passer un gué en bulldozer...C'était gag! On voulait camper mais comme toujours, il s'est mis a pleuvoir vers seize heures et puisque nous sommes passé à côté d'un hospedaje, on a décidé d'y rester. On a bien fait car il pleut des cordes maintenant. Concernant cet hospedaje, c'est, et de loin, le pire qu'on ait eu; cloisons en unalite d'une hauteur d'1m80, pas de porte, lits défoncés (on dirait des hamacs), draps sales et pas de lumière. Evidemment, pas de salle de bain (on s'est lavé sur le balcon avec un pot d'eau). C'est aussi un resto mais vu l'état de la pièce où la patronne cuisine, je ne demanderais même pas de l'eau chaude pour le thé...Enfin, on est à l'abri de la pluie et avec un peu de chance il n'y a pas de puces sur les lits...

    Samedi 27 février 66km Promesa Alt: 3477m 27° Ensoleillé avec passages nuageux et pluie vers 15h On a dormi à deux dans mon lit car il y avait trop d'insectes qui voulaient dormir avec Angel...On était bien, dans la ''chambre'' voisine, une famille dormais à trois dans un lit d'une personne... On est crevé. Hier on trouvait facile de monter aussi progressivement, mais mine de rien, ça laisse des traces (sans compter notre ascension de fou des jours précédents). De plus, le soleil tape dur sur nos frêles épaules et le taux d'humidité est élevé. Bilan de la journée: 66km et plus de 1000m de dénivelé positif! Arrivés à un péage, on nous a conseillé de nous arrêter car il allait faire très mauvais et très froid rapidement. C'était même instantanément! On n'a même pas eu le temps de monter la tente que nous étions trempés jusqu'aux os en moins d'une minute! Des torrents d'eau et puis de grêle se sont abattus sur nous. La tente aussi fût trempée car, dans la précipitation, Angélique a eu la bonne idée de casser une des armatures de la tente...Heureusement, les responsables du péage ont mis une pièce à notre disposition et nous dormirons donc au sec. Les péages sont installés (parfois au milieu de nulle part) pour financer la réfection des routes, ce qui dans ce cas ci nous permet de rouler sur une voie parfaitement neuve depuis Abancay. Evidemment, les cyclistes ne paient rien.

    Dimanche 28 février 51km Pampamarca Alt: 4217m 16° mais le soleil nous réchauffait, pluie et 5°... Quelle journée! On a commencé par monter, dès le départ, en lacets serrés jusqu'à 4202m. Près de 800m de dénivelé en 11km! Durant l'ascension, la vue était magnifique sur l'étroite vallée que nous quittions. Nous avons eu tout le loisir pendant ce long effort de pouvoir admirer deux couples de condors planant au dessus de nous. Quand on voit la taille de leur ombre au sol, on est content de ne pas faire partie de leurs proies potentielles... Notre carte routière mentionne un col à 4300m. On pensait y être assez rapidement mais on a déchanté; à cette altitude, on voyait au loin la route grimper. Résultat, on passe le vrai col sous la pluie et dans le froid (5°). L'altitude? 4532m. On n'a jamais été aussi haut et on a même pa pu en profiter avec ce temps pourri. Pour la première fois, j'ai pris des feuilles de coca car quelques centaines de mètres avant le sommet, mes forces me lâchaient et comme ça a l'air de fonctionner chez Angel, pourquoi pas? Je ne saurais probablement jamais si c'est la petite pause pour les prendre ou la coca qui a fait que la fin a été plus facile. On est arrivé trempés dans un petit village (Pampamarca) où la seule hospedaje est minable; la chambre pue, il n'y a pas de lumière, juste une bougie et un trou nauséabond qui sert de toilette au fond de la cour. Tout ce confort pour le même prix (non négociable) que notre petit hôtel avec salle de bain privée à Abancay...Enfin, on est au sec et ce sera notre nuit la plus haute. On se sent fatigué physiquement mais heureusement, j'ai encore assez d'énergie pour aider Angélique dans les côtes. Malgré son courage, elle commence aussi à fatiguer mentalement. J'espère quand même que nous pourrons arriver à Nazca sans faire de stop.

    Lundi 1 mars 106km Puquio Alt: 3236m 18° Ensoleillé avec passages nuageux. Toujours plus haut! On a commencé à grimper dès la sortie du village pour nous retrouver à 4530m. Une fois là, on redescend et on remonte...Pour arriver à 4550m! Nous roulons alors pendant une trentaine de kilomètres aux alentours de 4500m (on repassera deux fois à 4550m). Vient alors la récompense de tous ces efforts; une quarantaine de kilomètres de descente vers Puquio. On échappe à la pluie pour une fois, mais nous passons dans les nuages et là, il fait froid (8°). Comme il nous fût impossible de trouver du pain dans les deux villages que nous avons traversé, on a survécu grâce à nos réserves de Snickers. Donc, on s'est arrêté dans le premier resto de la ville pour nous refaire une santé... Angélique était très pessimiste, elle pensait que la route serait trop dure et qu'on n'arriverait pas à Puquio. J'étais persuadé que c'était possible en l'aidant, mais je n'imaginais pas qu'on y arrive aussi tôt(à 14h!).

    Mardi 2 mars 58km Pampa Galera Alt: 4165m 20° ensoleillé, 10° nuageux... On y est! L'ultime col de notre voyage! Ce ne fût pas sans peine, 300m d'ascension comme petit déjeuner (3520m) puis on est redescendu à 3111m avant d'attaquer la côte finale, 25km de grimpette quand même! Nous n'en pouvions plus, pour ma part, le moral n'y était plus après notre descente et la fatigue accumulée ces derniers jours se faisait bien sentir. On est passé par la case feuilles de coca pour se remonter un petit peu. On est arrivé vers 17h au col; dans le froid et le brouillard. On a posé la tente à l'entrée de la réserve naturelle Pampa Galera où vivent un grand nombre de vigognes (animal de la même famille que les lamas mais non domestiqué et protégé). La température nous rappelle un peu nos soirées patagoniennes, ce fût donc popote dans la tente et promesse de bien dormir dans nos bons duvets...

    Mercredi 3 mars 101km Nazca Alt: 595m 36°, Ensoleillé. Ouf, c'était le dernier col! On est descendu sur Nazca, et quelle descente; 3500m de dénivelé négatif et une descente ininterrompue de 64km! Ce matin, il faisait 8° à notre lever (avant six heures pour voir le lever du soleil) au milieu des vigognes et à notre arrivée à Nazca, il y avait 36° (à l'ombre). Quel choc... Il n'y a pas grand chose à faire ici et vu la chaleur, tant mieux, ça nous a permis de nous reposer dans un petit hôtel bien sympathique avant d'aller prendre un apéro (pisco sour évidemment) bien tassé. Conclusion, avec un seul verre j'étais bourré...

    21 février, 2010

    La Vallée Sacrée - Pisac à Cusco - 266km

    Mardi 16 février 100km 3km après Huambutio Alt: 3058m 26° Ensoleillé Même si la route ne descend pas tout le temps, sur la journée le dénivelé est négatif. Ce qui explique que nous enchainons des kilométrages importants ces derniers jours. Nous avons suivi le cours d'une rivière. Les vallées deviennent encaissées et ça rend la route d'autant plus intéressante. Nous avons vu nos premiers vestiges incas importants; le mur de Pikillaqta. Vraiment impressionnant. Nous sommes également passés à côté de deux villages sinistrés suite aux inondations; dans l'un d'eux, les (pauvres) maisons en terre séchée ont bien triste allure. Du moins pour celles qui ne sont pas complètement détruites ou encore sous eau. Comme souvent, c'est encore les plus démunis qui souffrent...Nous avons pris la décision de bifurquer vers Pisac (où nous attends un site presque aussi beau que le Machu Pichu d'après le Guide du Routard) sans passer par Cuzco. En fait, depuis quelques jours nous collectons les informations à propos du Machu Pichu, et il apparaît qu'il serait possible de s'y rendre. On va donc essayer et on ira se reposer à Cuzco après.A propos de la route de Pisac, depuis que nous avons quitté la route principale, nous roulons dans une espèce de canyon. C'est le plus bel endroit qu'on ait vu au Pérou pour le moment. Vraiment une route magnifique!

    Mercredi 17 février 24km Pisac Alt: 2981m 19° Nuageux et une averse l'après-midi. Après les informations positives sur le Machu Pichu, nous avons droit au négatif. D'après l'office du tourisme de Pisac, le site serait fermé. Pisac a également été touchée par les inondations; le pont permettant d'entrer dans le village est descendu de deux mètres et le commissariat de police a été emporté...Nous sommes seuls dans notre hôtel et nous n'avons croisé que quelques touristes, ce qui contraste avec le nombre important de marchands d'artisanat présents dans le village. De même, certains restaurants ou hôtel sont fermés. Voilà sans aucun doute les effets de l'annonce de la fermeture du Machu Pichu; les touristes ont probablement annulé en masse leurs voyages.Pour notre souper, on est allé dans un petit restaurant tenu par une allemande. Service à l'européenne et musique classique dans un cadre sympathique. C'est agréablement relaxant.

    Jeudi 18 février 58km Ollantaytambo Alt: 2850m 25° Nuageux avec éclaircies et une averse Intéressant cette visite du site de Pisac; une grimpette sur la montagne par les terrasses, les ruines d'ensembles d'habitations, de bains, d'une forteresse et enfin du temple du soleil. Et évidemment, une vue magnifique sur la ''Vallée Sacrée des Incas''. Nous avons pris la route vers quatorze heures avec le projet de poser notre tente dans un chouette endroit pour la nuit. Raté! En traversant les villages (qui ont tous une partie plus ou moins importante sinistrée) nous n'avons rien trouvé. Nous sommes donc arrivés à Ollantaytambo où nous attend notre second site de la Vallée Sacrée des Incas. La route descendait, ce qui nous a encore permis de faire autant de kilomètres en trois heures et demie. Seuls les dix derniers kilomètres vallonnés et avec un fort vent de face furent durs.Le village d'Ollantaytambo est probablement le plus beau que j'ai vu lors de ce voyage en Amérique du Sud; il est bâti sur les bases du village inca, ce qui donne un ensemble de rues étroites aux murs de grosses pierres formidablement bien ajustées avec encore ici et là les linteaux d'origine au dessus des portes. Des canalisations courent également le long des ruelles pavées amenant l'eau de la montagne. Le tout, dominé par les ruines de la forteresse inca. Splendide.Ici aussi on ressent le manque de touristes; des hôtels et des restaurants sont fermés et on croise peu de ''gringos'' dans les rues.

    Vendredi 19 février 45km Juste avant Chinchiro Alt: 3708m 27° Ensoleillé ce matin puis couvert et une averse en fin d'après-midi Cette fois, c'est définitif; nous n'irons pas au Machu Pichu. Le site est fermé jusqu'au premier avril. Nous avons également appris que le carnaval de Cuzco était annulé en raison des évènements météorologique du mois passé. La priorité est à la reconstruction. Lot de consolation, la visite du site d'Ollantaytambo ce matin. Quelques beaux ajustements de pierres et des murs de granit taillé impressionnants. Le tout évidemment à flancs de montagnes histoire de nous offrir de superbes vues. Merci les incas.On a repris la route vers Cuzco et l'arrivé à Urubamba marquait la fin de notre semaine de la facilité. En effet, une côte de 24km nous a fait passer de 2900m à 3750m. Quand on n'a plus l'habitude, c'est long...Et c'est en haut de cette côte que nous avons posé la tente sous la pluie. Elle est gentille la pluie, elle a attendu que nous arrivions en haut pour nous arroser!

    Samedi 20 février 39km Cuzco Alt: 3439m Pluie, brouillard le matin et progressivement ensoleillé. Pluie le soir., Après la petite éclaircie de hier soir, la pluie a continué à tomber cette nuit. Au petit matin la tente était au milieu d'une mare. On a tout démonté sous la flotte et on a pris notre petit déjeuner dans un abri quelques centaines de mètres plus loin. Avec seulement 5°, le porridge bien chaud était le bienvenu. Avant de prendre la route, on a attendu que le brouillard se lève car celui-ci plus la façon de conduire des péruviens équivaut à jouer à la roulette russe...Nous sommes à Cuzco; très belle ville et assez aérée, ce qui permet d'en profiter sans trop de stress lié à la circulation. On a eu un peu de mal à trouver un hôtel bien à un prix convenable mais pour finir on a une belle vue sur la place principale. On a eu le temps d'aller visiter la forteresse de Saqsaywaman sur les hauteurs de la ville.

    Copacabana - San Pedro (avant Cusco)- 422km

    Jeudi 11 février 75km dont 2km de piste Entre Juli et Ilave Alt: 3848m 20° Ensoleillé Copacabana est réputée pour ses baptêmes de véhicules; on vient d'argentine spécialement pour ça. On décore la voiture de fleurs et de cotillons et on l'asperge d'eau bénite pendant que le propriétaire et ses amis ou sa famille s'abreuvent de bière ou d'alcool (on en donne aussi à la voiture). Bien évidemment, après s'être bien désaltérés, tout ce petit monde reprend la route!De toute façon, la voiture est protégée, il ne peut rien arriver...On a réussi à dépenser nos derniers boliviano jusqu'au dernier centavo (nourriture pour deux jours car il n'y a pas de distributeur d'argent au Pérou avant une centaine de kilomètres).Nous y voilà; le Pérou, dernier pays que nous traversons lors de ce voyage. Nous nous attendions à des douaniers péruviens pointilleux ou casse-pieds mais, c'est tout le contraire. Le douanier a tamponné notre passeport sans même vérifier la page où figurent nos noms...Les ''ola gringo'' des enfants et de certains adultes nous ont accompagnés tout au long de la journée. Ce soir, on s'est un peu éloigné de la route pour monter la tente. On pensait avoir trouvé un endroit discret mais il y a pas mal de gens qui empruntent ce chemin à pieds. Nous avons donc eu la chance de pouvoir parler avec certains de ces paysans. Certains nous demandent si on ne veut pas leur acheter quelque chose, mais malgré nos refus, ils gardent toujours le sourire. Nous avons pris des photos d'une famille et promis de les leur envoyer. On imprimera ça à Puno mais il n'y a pas de poste et pas d'adresse! Il nous faudra envoyer les photos par le bus avec juste le nom du destinataire sur l'enveloppe...

    Vendredi 12 février 77km dont 7 km de piste Puno Alt:3830m 18° Pluie, nuages et soleil. On s'est mis à l'heure péruvienne. Cela signifie que le soleil se couche une heure plus tôt qu'en Bolivie, c'est à dire vers 18h15! Nos journées de vélo vont être courtes car si on veut manger avant la nuit, on doit s'arrêter à 16h30 maximum...Hier, à 20h on était déjà couché...A propos de la nuit passée; on a essuyé des vents terribles qui faisaient claquer la toile de tente. Je dis du mal de notre tente, mais il faut reconnaître que pour ce qui est de sa résistance au vent, c'est très efficace, rien ne bouge. Par contre, avec le vent, la pluie à tendance à s'infiltrer dessous et ça, c'est pas bien du tout.Dès la sortie de Ilave, la route, qui jusque là était parfaite, c'est dégradée; ce n'était plus que trous et bosses pendant 20km. Pire que beaucoup de pistes que nous avons empruntées.En comparaison avec la Bolivie, la vie va être un peu plus facile question nourriture car on peut trouver de tout dans les petits supermarchés. On va enfin pouvoir varier un peu nos repas.

    Samedi 13 février 93km Entre Caracara et Pucara Alt: 3855m 20° Nuageux le matin avec une averse. Ensuite ensoleillé. Mon compteur a rendu l'âme. Il y a bien celui d'Angélique, mais parfois il s'affole (surtout à basse vitesse en côte. Ou alors elle roule vraiment à plus de 80km/h dans ces côtes...). Heureusement, nous avons le GPS prêté par Marc (voir nos remerciements) pour prendre le relais.Route facile exception faite des trois premiers kilomètres qui nous ont emmenés à 4000m d'altitude.De longues lignes droites jusqu'à Juliaca, ville on ne peut plus chaotique: des moto-taxis, des vélo-taxis, des taxis, des minibus, des voitures, le tout dans un capharnaüm pas possible. Heureusement, on s'y est fait et ça devient presque un jeu de circuler là-dedans.Depuis quelques kilomètres, la route passe entre de vertes collines en suivant le cours d'une rivière. C'est moins monotone et plus facile pour trouver un coin pour camper.

    Dimanche 14 février 95km Santa Rosa Alt: 3995m 25° Ensoleillé Route en léger faux plat montant mais facile car le vent nous poussait. 20 km/h de moyenne sans forcer (arrêts non compris)Ce dimanche, c'est carnaval dans les villages où nous sommes passés. On s'est arrêté à Ayaviri. Des fanfares, beaucoup de gens déguisés et aussi beaucoup de gens saouls. Juste en dehors de la ville on a d'ailleurs vu un type cuver son vin( ou je ne sais quoi d'autre) dans un fossé et à l'entrée de Santa Rosa, un autre gisait à côté de sa bicyclette au milieu d'une rue... Les enfants quand à eux s'amusent à asperger les gens d'eau ou d'une espèce de liquide coloré. On a eu la chance d'y échapper, même si certains ont essayé, mais ils visent mal...Ce soir, on a décidé de ne pas monter la tente; on dort sous un toit, protégés par de petits murets. C'est, je pense, un marcher artisanal . Angélique adore camper à la ''belle étoile''. Il y a juste un truc qui la dérange; les insectes. Et comme les insectes adorent nos lampes frontales...Il est 20h30 et comme le soleil se couche vers 18h15, ça fait un bail qu'il fait noir. Donc, Angel dort déjà et je ne vais pas tarder à l'imiter. Bonne nuit.

    Lundi 15 février 82km San Pedro Alt: 3490m 19° Nuageux et pluie ce soir La journée a commencé d'une drôle de manière; trois cent mètres après que nous nous soyons mis en route, nous sommes passé à côté du cadavre d'un cycliste étendu sur la route. Un pauvre bougre qui s'en allait probablement travailler pour faire vivre sa famille...Il y a mieux comme début de journée.Vingt cinq kilomètres plus loin (et plus haut), nous arrivons à 4352m; notre plus haut col à ce jour. Comme Angélique avait peur de s'endormir (hé oui, au dessus de 4000m, mademoiselle s'endort!), elle s'est mis à mâcher des feuilles de coca. Et on dirait bien que ça fonctionne!Quelques kilomètres plus loin, nous avons profité de sources d'eau chaude pour nous relaxer un peu.Nous comptions camper ce soir, mais à la sortie de Sicuani, de gros méchants nuages nous ont pris en chasse, on a roulé comme des fêlés pour leur échapper et heureusement, on a trouvé un petit hostal juste avant la douche...Ouf!